Toug, et si Marx s’était trompé ? Si c’était au contraire la superstructure (les institutions politiques, les lois, la religion, la pensée, la philosophie, la morale,...etc ) qui déterminait les infrastructures matérielles (auquel cas il faudrait d’ailleurs inverser les deux mots) ?
Dans ce cas, l’homme ne devrait-il pas travailler sa spiritualité et ses aptitudes morales pour améliorer sa vie dans le monde ?
Or que fait le libéralisme ? N’est-il pas marxiste dans l’âme ? Il consiste à saper toute vie morale, par la promotion du libre-court laissé à nos vices, ceci dans le but d’engendrer la prospérité... Or, on voit bien que cela ne fonctionne pas...
D’ailleurs, tu sembles admiratif de la spiritualité indienne, que tu propose comme solution. N’est-ce pas la preuve que toi-même, contrairement à ce que tu affirmes dans le même temps, tu penses en réalité à l’exact inverse de Marx ?... Que c’est la spiritualité d’un peuple qui engendre son organisation matérielle !
Et bien, personnellement, je pense à l’inverse de Marx sur ce sujet. Le point primordial est d’abord de développer en l’homme ses facultés morales, pas de les détruire. C’est bien cela que reproche Stiegler au capitalisme-libéral et à son neuro-marketing : chercher à détruire les facultés morales des gens, ceci au nom du profit... Ce profit qui n’a de cesse de s’éloigner de plus en plus à mesure de la barbarisation progressive des moeurs...
La filiation n’est pas une convention, c’est une réalité : tout homme est né d’un père et d’une mère.
Mais la filiation n’explique pas tout...
Donc la race existe toujours, même si la génétique ne sait pas bien la saisir. De plus ce critère fondé sur la filiation n’est pas toujours pertinent pour comprendre.
Je t’accorde d’ailleurs sans peine qu’à l’extrême on peut envisager que chaque personne est d’une race propre à lui-même. On parlait bien des rois de race capétienne, les descendant d’Hugues Capet.
Donc les races, ça se crée par endogamie (reproduction dans l’entre-soi). D’où une certaine homogénéité physique des ethnies endogames. Les moyens de transport étant récents, et les hommes se mariant préférentiellement dans leur voisinage immédiat, les morceaux de l’humanité ayant étant séparés depuis des milliers d’année par des milliers de kilomètres ou des obstacles quasiment infranchissables (mer, montagne, langue, culture... etc), il y a donc encore des races humaines bien différentiées.
Il y a l’espèce - l’ensemble des êtres inter-féconds. Si une partie de cette espèce se reproduit entre elle sur une logue période, cela forme une race, aux caractéristiques bien différentiées du reste de l’espèce, du point de vue physiologique.
L’homme ne fait pas autrement quand il veut fonder une race d’animaux : pour les races de vaches à viande, il fait se reproduire entre eux des individus bien charnus.
Bref : à biotope isolé, reproduction endogame, races endémiques.
La race du corps est déterministe (ce sont les lois de l’hérédité biologique - cela dit, je commence à douter de la validité absolue de la génétique). La race du coeur ne l’est pas. Elle se fait au gré des rencontres et des aspirations de l’être.
Donc la race du corps ne permet pas de déduire la race du coeur. Les savants du XIXème siècle se sont emmêlés les pinceaux, parce que l’époque était au scientisme et au matérialisme (ce qui n’a pas changé) : c’est le vieil adage "l’habit ne fait pas le moine".
C’est bien pour cela qu’il est injuste de discriminer quelqu’un sur son apparence (sa race corporelle), sans même chercher à connaître sa qualité de coeur.
Comme disait Leibniz, Les lois de la mécanique sont celles qui déterminent les corps. Les lois divines sont celles qui gouvernent les esprits. Mais les esprits ont été doté d’une volonté libre.
Bref, la filiation par le corps n’implique pas la filiation par l’esprit.
Tu es dans la querelle des universaux. Savoir si les universaux ont une réalité ou s’ils sont une vue de l’esprit est un autre problème. Ce qui compte, c’est qu’ils soient pertinents, dans un certain contexte pour décrire le réel. Il reste que le critère de filiation a une pertinence, puisque chaque être vivant a un père et une mère.
J’avais un copain somalien. Il me disait : - chez nous, on fait ethnie : on se marie entre cousins.
Tous les chiens, caniche ou berger allemand, descendent de deux ancêtres communs : un loup et une louve.