Machiavel, tu réduis trop le concept de race à la notion d’agrégat statistique.
Il y a la race de corps, visible, issue de l’hérédité biologique. Mais il y a aussi la race du coeur, invisible, issue de l’hérédité culturelle.
Ton agrégat statistique vient du fait qu’il n’y a pas nécessairement identité entre la race corporelle et la race de coeur, car la race du coeur est en partie issue d’un libre choix.
L’habit ne fait pas le moîne, comme on dit chez nous...
Par exemple : Malika Sorel et Pascal Hilout sont français par le coeur, mais arabes par le corps.
PS : il vous faut aussi vous remettre dans le contexte du XIXème siècle, où les races étaient sensées pouvoir changer d’espèce à mesure du temps qui passe, par sélection naturelle, en développant ainsi des facultés particulières (c’est le darwinisme). Il y avait donc, dans la logique darwinienne, des races plus ou moins évoluées. Mais dans les époques précédentes, où les conceptions reposaient sur le créationnisme, toute race d’homme avait été créée par Dieu (cf controverse de Valladolid où les indiens sont reconnus hommes, bien que leurs moeurs furent considérées perverties pour cause de fausse religion pratiquée).
AgeNu, Tu peux te renseigner sur ce qui caractérise la race en matière d’élevage.
C’est bien une question de lignage par filiation.
Exemple : deux caniches se reproduiront en un caniche. Mais un caniche et un berger allemand donneront un chien qui ne sera ni un caniche, ni un berger allemand, mais un mélange des deux races.
J’aimerais bien savoir s’il existe des études scientifiques qui parviennent à distinguer entre le génome du caniche et celui du berger allemand. Pas sûr que ce soit si simple. Je suis personnellement assez sceptique sur la génétique.
Bref, le concept de race est un concept largement antérieur aux découvertes biologique, donc dire que la race est "un concept biologique et social pour tenter de définir des types d’êtres humains" n’a pas de sens : le mot biologie apparaît avec Lamarck, début XIXème, le mot race apparaît au XVème siècle et découle du latin "ratio" qui signifie calcul, catégorie et a donné aussi raison, rationnel, raisonnable,... etc
C’est donc généralement entendu comme une classification d’être vivant dans l’ordre des génération, par le rapport de filiation, bien que l’on ait utilisé ce concept pour d’autre types de classification (Par métiers : par exemple, au XIXème siècle on pouvait parler de la race des hommes de loi pour désigner les policiers, ou encore de la race des patrons pour désigner les chefs d’entreprise)
En revanche, savoir pour quel type d’explications cette catégorisation est pertinente est un autre sujet qui n’est nullement abordé ici : il est sûr, de mon point de vue, que les délires pseudo-scientifiques de la fin XIXème sont faux. De plus, à mon goût, les grands systèmes de catégories sont toujours trop statiques pour permettre de comprendre le monde des êtres vivants, difficilement prévisibles, et qu’il faut préférer pour cela user du "logos", c’est à dire le Verbe, seul mode intellectuel capable d’envisager les dynamiques.
Cependant, la filiation correspond bel et bien à une dynamique de la vie, qui se reproduit par génération. Le concept a donc bien quelque utilité, car il correspond à quelque chose de réel.
Il reprend l’analyse de Dany-Robert Dufour dans son livre "Le divin marché".
La pensée économique moderne repose sur la libération des vices, selon l’adage "les vices privés font la vertu publique", issu de la pensée d’Adams Smith.
C’est évidemment en contradiction avec les connaissances antérieures, basées sur l’évangile, qui affirme "le péché est un esclavage". Connaissances développées par Saint Thomas d’Aquin et les penseurs chrétiens, comme la théorie des péchés capitaux, avec en tête des péchés, les vices.
Nous avons donc eu le passage de "l’addiction aux vices provoque le péché" (péché = faute, du latin peccare, qui a donné aussi impeccable = sans faute ; l’addiction étant l’esclavage), à "l’addiction aux vices provoque la prospérité".
C’est la raison pour laquelle le vice est promu, encensé, par les penseurs libéraux, dans un curieusement retournement de sens, alors qu’auparavant, il était réprimé. Il est sûr que c’est tout bénef pour les commerçant d’avoir des consommateurs compulsifs. Les libertins de gauche sont sur la même ligne (c’est pour cela que la gauche est libérale), notamment grâce aux théories de Whilhem Reich, assimilant à tord le fascisme comme une réaction à la répression des vices (alors que dans les faits, le fascisme a succédé à la libération des pulsions propres aux années folles).
Pour comprendre cette addiction aux vices qui poussent à la faute, prenez le cas DSK, très emblématique. A force de pratiquer la luxure, sans jamais être inquiété, il a fini par ne plus voir que son propre désir et violer une femme. La laisser-aller à ses vicissitudes coutumières fait fauter...
Le libéralisme moral engendre donc logiquement la barbarie : l’homme se retrouve face à lui-même et à ses vicissitudes.