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  • Premier article le 21/09/2013
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  • vote
    micnet 29 avril 2014 21:49

    @MaQ


    Vous m’excuserez par avance, mais je vais être obligé à nouveau de faire des réponses morcelées smiley

    "Mais être différent ne veut pas dire que nous sommes inégaux socialement, ce concept d’égalité ou d’inégalité est lui aussi culturel ! Je ne me sens en rien inférieur dans l’ absolu à Usain Bolt , Michael Phelps , Mozart , Laplace ou à mon voisin , mais j’ admet que dans certains domaine d’ activité culturel , ils sont meilleurs que moi et je suis sans doute meilleurs qu’ eux dans d’ autres pans culturels …"

    ---> 2 remarques :
    1 - Etre " socialement inégal" ne signifie pas " être inégal dans l’absolu". Etes-vous d’accord avec ça ?
    2 - Je précise que je ne suis pas pour une société de "castes" (comme c’est le cas aujourd’hui, en pratique) mais j’adhère complètement à la définition de Rousseau à propos de l’Aristocratie. En plus, le fait de mettre " des sages" à la tête d’une communauté ne me semble pas relever d’une quelconque inégalité sociale. Me trompe-je ?
    Sinon, est-il utile de le préciser, je suis évidemment d’accord avec vous sur Usain Bolt, Phelps, etc...


    "Si on considère d’ un coté qu’il n’y a pas une Nature humaine mais Des Natures Humaines, et que de l’autre coté, la société est naturelle, alors chaque individu devrait faire société à lui tout seul, pourtant ce n’est pas le cas."

    ---> Votre remarque est logique, eu égard à ce que j’ai écrit concernant l’unicité du génome d’un individu, mais certains vous répondront que, d’une part, les individus ne peuvent pas vivre en autarcie et ont besoin "naturellement" de se regrouper pour survivre et que, d’autre part, ce regroupement se fera "naturellement" par proximité génétique, ce qui explique le développement des diverses sociétés. D’autres, au XIXè siècle notamment, sont allés encore plus loin en développant l’idée selon laquelle les peuples se constituaient par "affinité raciale", la "race" étant, en quelque sorte un sous ensemble de l’espèce humaine. Et que donc, le facteur qui unirait un peuple donné serait la "race". (Pensées, je le répète, largement développées au XIXè siècle)
    Bon, j’arrête là, je vous laisse deviner où ce genre de "théories" a pu mener, mais ce que je veux dire, c’est que l’Histoire étant ce qu’elle est, on a depuis complètement occulté le "facteur génétique" (événements de la 2d guerre mondiales obligent...) pour vouloir tout expliquer uniquement par le prisme culturel.
    Si bien qu’on est passé d’un extrême à l’autre, comme vous l’avez vous-même noté, et que, d’après moi, on occulte aujourd’hui une partie de la réalité...

    "On peut réfuter cela en disant que les sociétés ne sont qu’une conjonction de ces idiosyncrasies naturelles, elles sont en quelque sorte une synthèse, un compromis des particularismes génétiques. Mais dans ce cas il se pose plusieurs problèmes : comment expliquer que deux régions dont les pouls génétiques ne sont pas sensiblement différent, ont des organisations politiques opposées ? Comment expliquer que dans la même société, des systèmes politiques très différents peuvent être mit en place sur une même période ? Par exemple le, système politique Français de 1780 est complètement différent de celui de 1800, comment expliquer cela ? Le poul génétique des Français a tant changé en 20 ans ? Il y’ a tout un tas d’exemple historiques comme ça …"

    ---> Moi je suis en grande partie d’accord avec votre explication mais certains pourraient vous rétorquer qu’il y a, malgré tout, des "constantes" parmi les peuples et ce quelque soit l’époque (par ex un désir de "justice sociale" en France qu’on ne retrouve pas dans les pays anglo-saxons...). Gustave Le Bon évoque d’ailleurs ce thème lié au "facteur racial" inhérent aux peuples (je n’ai pas trop insisté là-dessus dans mon article). 
    Bref, ce n’est pas aussi simple...

    "L’hypothèse selon laquelle le poul génétique des populations détermine leur système d’organisation sociale n’est pas pertinente

    ---> Le problème, c’est qu’un racialiste vous dira le contraire (ex un type comme Hervé Ryssen).

    "Concernant l’équilibre entre nature et la culture, personnellement je n’utilise pas le terme d’équilibre parce que cela voudrait dire que c’est 50 – 50."

    ---> Attention ! Quand je parle d’équilibre, je ne pense pas nécessairement 50/50. Je veux simplement dire que respecter l’équilibre signifie ne pas occulter l’un des 2 facteurs, sans forcément donner des ratios pour autant. Or aujourd’hui, il est flagrant que le facteur génétique a été purement et simplement mis à la poubelle, pour les raisons que l’on sait, ce qui est une grave erreur et qui conduit, d’après moi, aux dérives que vous avez vous-même citées (théorie du genre...).
    Mais pour vous donner le fond de ma pensée : je pense que le facteur culturel est tout de même prédominant sur le génétique. Pour moi la France est avant tout une culture et pas une race ! 



  • vote
    micnet 29 avril 2014 20:20

    @MaQ


    Très bien, je vous ai lu attentivement, je pense, et vous formule donc une réponse globale à mon tour.
    La phrase-clé de votre développement, d’après moi, est celle-ci :

    " c’est à l’environnement que les gènes s’adaptent, ce ne sont pas les environnements qui s’adaptent aux gènes, "

    ---> Je suis tout à fait d’accord avec ça et c’est aussi ce que j’ai appris lors de mes études. Sauf que vous oubliez un point essentiel : certes les gènes s’adaptent à un environnement donné et ils s’expriment d’autant plus favorablement, ou pas du tout, en fonction de l’environnement (biotope) auquel ils sont soumis. Nous sommes d’accord jusque là.
    Mais à l’inverse : si un individu ne possède pas un patrimoine génétique donné, ce n’est pas un quelconque environnement qui va lui permettre de développer une fonction correspondante au gène de ladite fonction. Ainsi pour reprendre votre exemple du nageur, si un individu ne possède pas de prédispositions génétiques à être un bon nageur, quand bien même il évoluerait dans un contexte lui permettant d’apprendre à nager correctement, il ne pourra jamais devenir un bon nageur. Sommes-nous d’accord là-dessus ?
    Ensuite, vous me dites que le fait d’avoir des sociétés différentes dans le monde démontre que ces sociétés ne résultent pas de "la Nature Humaine". Je tiens à préciser qu’en réalité, il s’agit ici d’un abus de langage d’évoquer LA Nature humaine et qu’il conviendrait de parler plutôt DES Natures humaines, étant donné que chaque être humain possède un patrimoine génétique unique (sauf dans le cas de vrais jumeaux). Partant de là, on pourrait parfaitement prétendre, à bon droit, que c’est parce qu’il y a une variété de génomes différents qu’il y a une variété de sociétés différentes. Mais tout cela reste évidemment dans le domaine de l’hypothèse et non de la démonstration. Tout comme le choix de l’explication culturelle.

    Enfin, je termine par votre dernière phrase :

    "Mais autant le tout culturel qui amène au constructivisme radical allant jusqu’ à nier la biologie et qui donne l’idéologie du genre est dangereux, autant le tout naturel qui considère que des activités culturelles sont inscrites dans les gènes et les tripes des individus est aussi pervers et souvent utilisé politiquement par les castes supérieures pour justifier et légitimer leur domination !"

    ---> Je tiens à préciser que je suis 100% en phase avec cela. (d’où mon paradigme de "l’équilibre" lors de nos derniers échanges). Sauf que votre explication sur le devenir des sociétés par le prisme du culturel ne me semble pas respecter cet équilibre, précisément.

    Je suis en train de lire en ce moment un ouvrage assez passionnant sur Malthus et son principe des populations et je compte proposer prochainement un article là-dessus qui recoupe notre échange.
    Et je ne sais pas pourquoi mais je sens que cet article risque de faire grincer quelques dents smiley




  • vote
    micnet 29 avril 2014 18:06
    @MaQ

    "Non pas de soucis à ce niveau là, je ne suis pas aristocrate, ni même démocrate, je pense qu’il n’existe aucune forme de gouvernement qui soit bonne."

    ---> Je sais bien, je vous taquinais smiley

     "Tous les gouvernements sont mauvais donc dans l’ idéal , je suis pour l’ abolition de la notion même de gouvernement et de politique , en ce sens , je suis Marxien mais nous ne sommes pas dans un monde idéal donc je considère qu’ il faut trouver le moindre mal et en ce sens , je suis Machiavélien et donc pour une combinaison d’ aristocratie , de démocratie et de principat !"

    ---> Ah ? Là j’avoue que j’apprends quelque chose de nouveau vous concernant : qu’entendez-vous concrètement par "combinaison d’ aristocratie , de démocratie et de principat ? Il serait peut-être intéressant que vous en fassiez un article (à moins que ce ne soit déjà fait...)

    "Mais dire que c’est naturel, non , il se trompe , c’ est culturel  !"


    ---> ça, c’est l’éternel débat (ou dyade) nature/culture...Je vous trouve un peu hardi d’affirmer, en gros, que "c’est culturel" (tout comme il serait hardi d’affirmer que " c’est naturel"). En ce sens, vous êtes un "moderne" ayant une vision constructiviste des sociétés et rejetant toute forme d’essentialisme.

    Pour ma part, j’ai décidé de ne pas trancher ce débat et je postule qu’il y a un peu des deux dans la mise en place d’une société. 

    Pour le reste, je ne développe pas davantage, car on en a déjà longuement discuté 


    "Le problème de Rousseau est le même que celui d’énormément de philosophes, c’est denaturaliser des phénomènes culturels."


    ---> Pour ma part, je ferais un reproche différent à Rousseau ; non pas le fait qu’il "naturalise" les phénomènes sociaux (puisque je suis d’accord là-dessus, tout comme j’estime indispensable de prendre en compte la culture) mais d’idéaliser " l’homme à l’état de Nature" forcément "bon" et ne pas considérer l’homme tel qu’il est. Là est ,selon moi la grande erreur des humanistes, à savoir de placer l’homme/individu au centre de tout. D’où le cortège des droits de l’homme, de la modernité,etc...Et de la question qui nous préoccupe dans cet article : de la liberté !


    Non pas que la nature humaine n’existe pas, mais vu la grande variété  des sociétés humaines, de leurs mœurs et organisations sociales, il est impossible de dire : voilà La Nature humaine, c’est cela et pas autre chose !


    ---> justement : si vous êtes d’accord pour dire que la Nature humaine "existe", vous devez alors la prendre en compte dans votre analyse ! Et ne pas vous contenter uniquement du prisme "culturel"



    "L’Humain a une faculté extraordinaire dans le monde animal, c’est son haut niveau d’adaptabilité !

     Le principal mode d’adaptation de l’humain, c’est par la culture "


    ---> Là ,c’est un avis purement personnel ! En quoi l’adaptabilité ne serait-elle pas "naturelle" ? Expliquez-moi ! A l’heure actuelle, personne n’a encore réussi à démontrer qui de la culture ou de la nature prédominait. A ce stade, tout n’est qu’idéologie. 

    Qui vous dit que l’adaptabilité humaine n’est pas d’ordre génétique ? Au jour d’aujourd’hui, la science est encore limitée sur ce sujet et nous connaissons à peine 20% de la fonctionnalité du cerveau humain.


    "qui codifie ses interactions sociales. En fonction de l’environnement, il va moduler et modifier son comportement avec ses semblables par la culture ,  raison pour laquelle je trouve qu’ il est aussi absurde de dire que l’ homme est fondamentalement bon ou mauvais , le bien et le mal sont des concepts moraux et la culture est modulable , il peut se comporter bien ou mal selon l’ environnement socio culturel et selon la définition que l’ on donne à ces termes. C’est pareil pour l’organisation politique ou économique, aucune n’est Naturelle …"


    ---> Tout à fait d’accord sur la notion de "bien ou de mal" mais pas du tout d’accord sur l’organisation forcément non naturelle de la politique





  • vote
    micnet 29 avril 2014 17:03

    Attention MaQ, si vous critiquez la modernité par le biais de JJ Rousseau, on finira par croire que vous dérivez gentiment vers l’aristocratie smiley


    D’ailleurs, à ce sujet et pour continuer sur Le Contrat Social, voici également ce qu’évoquait Rousseau (Livre 3, ch V) :

    " Les premières sociétés se gouvernèrent aristocratiquement. Les chefs de famille délibéraient entre eux des affaires publiques ; les jeunes gens cédaient sans peine à l’autorité de l’expérience. De là, les noms de Prêtres, d’anciens, de Sénat, de Gérontes. les sauvages de l’Amérique septentrionale se gouvernent encore ainsi de nos jours et sont très bien gouvernés...
    Il y a donc trois sortes d’aristocratie ; naturelle, élective, héréditaire. La première ne convient qu’à des peuples simples ; la troisième est le pire de tous les Gouvernements. La deuxième est le meilleur : c’est l’Aristocratie proprement dite. Outre l’avantage de la distinction des deux pouvoirs, elle a celui du choix de ses membres ; car dans le gouvernement populaire, tous les Citoyens naissent magistrats, mais celui-ci les borne à un petit nombre, et ils ne le deviennent que par élection ; moyen par lequel la probité, les lumières, l’expérience, et toutes les autres raisons de préférence et d’estime publique, sont autant de nouveaux garants qu’on sera sagement gouverné. De plus, les assemblées se font plus commodément, les affaires se discutent mieux, s’expédient avec plus d’ordre et de diligence, le crédit de l’Etat est mieux soutenu chez l’étranger par de vénérables sénateurs que par une multitude inconnue ou méprisée.
    En un mot, c’est l’ordre le meilleur et le plus naturel que les plus sages gouvernent la multitude, quand on est sûr qu’ils la gouverneront pour son profit et non pour le leur...Mais si l’aristocratie exige quelques vertus de moins que le gouvernement populaire, elle en exige aussi d’autres qui lui sont propres ; comme la modération dans les riches et le contentement dans les pauvres ; car il semble qu’une égalité rigoureuse y serait déplacée ; elle ne fut même pas observée à Sparte."

    Alors si l’homme du Contrat Social en personne affirme que l’Aristocratie est le meilleur des gouvernements, je n’ai moi-même rien à ajouter smiley


  • vote
    micnet 29 avril 2014 12:49
    @Qaspard

    "La théorie des deux hémisphères considère que c’est le cerveau droit qui est idéaliste. Le gauche est celui où sont localisées les fonctions rationnelles"

    ---> Très juste Qaspard, c’est mon prisme "politique" qui m’a trompé smiley
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