• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile

Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
--------------------------------
 
« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 43 5121 2237
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 149 148 1
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 13 février 2014 10:33

    À nous deux, Morpheus... smiley
     
    J’ai bien compris que le "dualisme" vous incommodait, et j’irais même jusqu’à penser que tout vient de votre suspicion à l’égard de toute verticalité. Comme la verticalité est susceptible de dévoiement, sûrement préférez-vous chercher des arguments pour déclarer toute verticalité non avenue. Mais vous savez, c’est ainsi qu’a œuvré également un philosophe comme Deleuze, que je me plais à citer en ce moment car il est à mes yeux à l’origine d’un grand foutoir idéologique. Il analysait tout avec cette même volonté de tout aplanir, de tout niveler, de déconsidérer la moindre assignation, la moindre transcendance, la moindre identité. Il allait jusqu’à dénier, symboliquement, l’emploi du mot "racine" pour lui préférer le "rhizome", horizontal et sans queue ni tête, donc éminemment plus sympathique. Inutile de vous dire que Judith Butler a directement puisé là-dedans ses délires sur le "genre"...
     
    J’en reviens au "dualisme". Je récuse un peu cette réduction, à laquelle je préfère le mot de "dyadisme". Le dualisme marque l’opposition, le dyadisme la complémentarité. Et non seulement Aristote n’est pas le père de ce mauvais réflexe qu’est le dualisme sec, mais il a manifesté constamment une volonté de le dépasser(contre son maître) et de creuser entre deux termes opposés. Ainsi, par exemple, la vertu de prudence est-elle celle reliant, non seulement vertus morales et intellectuelles, mais pratique et théorie qui, vous l’admettrez vous-même, existent bel et bien l’une en face de l’autre (en tant que dyadisme). Cette vertu s’est trouvée récusée par les Modernes, et ce sont eux qui ont opéré un dualisme, se scindant pour le coup en empiristes ou utilitaristes d’un côté, en rationalistes ou idéalistes de l’autre. Aristote, lui, avait le bon goût d’être ni l’un, ni l’autre. Mieux : il était tout ça à la fois.

     

    Bref, ce réflexe oppositif typiquement moderne, vous l’adoptez vous-même dans votre grille de lecture : dominants d’un coté, dominés de l’autre, riches contre pauvres, le grand nombre face au petit. Qui ici essaie désespérément de convaincre l’autre que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît dans ce dualisme de façade ?...

     

    Aristote, pour en finir avec lui, admettait par exemple une certaine multiplicité de l’âme (végétative, sensitive, appétitive, intellective), il a inauguré la typologie des régimes politiques (monarchie, aristocratie, démocratie), et surtout, il a œuvré pour établir la médiété dans la vertu, que l’on pourrait assurément rapprocher de la voie du milieu asiatique. Ainsi Aristote n’oppose-t-il pas la vertu au vice, comme vous le dites, mais la vertu au vice par défaut, et au vice par excès. Donner trop peu (façon libéral, paradoxalement), c’est entacher son action d’un vice ; mais donner trop (façon socialiste)... également !! C’est difficile à comprendre de nos jours, mais tout à fait cohérent.

     

    Morpheus, n’avez-vous donc aucune autorité intellectuelle que vous respectiez ? Croyez-vous réellement ce que vous dites en prétendant que la vertu n’existe pas ? Pourquoi ? Parce que l’on ne peut pas la quantifier en laboratoire ???

    Vous savez, j’ai eu l’immense chance d’effectuer mon service militaire en tant qu’officier. Savez-vous ce que j’ai appris en particulier ? Qu’il valait beaucoup mieux soigner ses rapports avec ses subalternes qu’avec ses supérieurs. Non que j’aie été vertueux dans cette histoire, mais tout simplement cohérent. La hiérarchie était nécessaire, et j’avais le devoir de faire en sorte qu’elle soit effective. Je crois modestement être parvenu à me montrer juste à ce moment-là, et jamais mes trente appelés du contingent ne m’ont manqué de respect ou désobéi. Je suis resté en contact dans le civil avec certains d’entre eux.

     

    La hiérarchie n’est pas une plaie, c’est son utilisation à des fins personnelles qui donne cette impression. On dira alors que dans la plupart des cas c’est ce qui arrive. Dans la plupart des cas seulement, car les hommes sont ce qu’ils sont : non pas "égaux", mais éminemment "divers".



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 13 février 2014 09:47

    Salut Gaspard.
     
    Tout d’abord je tiens à signaler une mini-révolution dans le paysage politique hexagonal : la reconnaissance, cette semaine, du vote blanc. J’ai enfin un parti à moi. smiley
    Ça n’a l’air de rien, mais si le vote blanc devient le premier parti de France (faisable avec disons 20 à 25% de voix exprimées, sachant le nombre de mécontents...), chaque élection sera invalidée... et ainsi de suite, jusqu’à ce que la classe politique, tous partis confondus, demande à ses ouailles : "que voulez-vous au juste ?" Réponse : la fin de la représentation.
    Bref, à condition que tout le monde prenne conscience que le vote blanc est le vrai parti du changement, il reste un petit espoir avant le bain de sang.
    Pour rappel, jusqu’à présent, quand on votait blanc (ce qui est mon cas), on n’était pas pris en compte du tout, ou seulement dans l’abstention.
     
    Sinon, Gaspard, c’est une question fondamentale que vous soulevez là : en gros, comment légitimer l’autorité autrement que par le principe de vote majoritaire, et sans tomber dans le choix au doigt mouillé dans le bottin ?
    Et je suis en partie d’accord avec la réponse que vous fournissez, en partie seulement. Je crois d’une part qu’il faut en effet exhorter les gens à s’élever, à se développer, à s’extraire de leur gangue, et à ce titre une totale liberté de pensée doublée d’une totale liberté d’expression me semblent fondamentales. Mais d’autre part - et c’est, je trouve, ce que vous négligez dans l’histoire - il faut aussi, en parallèle, promouvoir le commun, et le commun c’est quoi sous nos latitudes ? La nation.

     
    Gaspard, êtes-vous capable de reconnaître que tel individu mérite telle place que vous ambitionniez d’occuper parce qu’il est plus doué et mieux à son aise dans cette partie que vous ? Même si vous ne l’avouez pas verbalement, en serez-vous néanmoins convaincu dans votre for intérieur ? Êtes-vous capable d’une telle objectivité ? Il y a de fortes chances que vous me répondiez "oui", et je vous croirai sur parole. Le problème, c’est que tout le monde n’en est pas capable, que ceux qui en sont capables ne le seront pas toujours non plus, et qu’une personne objective, noyée dans le relativisme actuel, se dira légitimement : à quoi bon être honnête si la majorité de mes semblables n’est pas capable du même effort ? C’est une goutte d’eau dans un océan. Et en effet, je pense que la paresse, la couardise, l’injustice, la bêtise, la facilité ou l’insouciance sont bien plus contagieuses que l’effort, la volonté de se dépasser, le sens du devoir, l’humilité ou bien encore la responsabilité et le courage. Or, notre régime politique se fonde sur le nombre, sur ce qui agglutine sans le moindre jugement de valeur, autrement dit sur la contagion, quelle qu’elle soit.

     
    Alors comment diable faire en sorte que chacun sorte de son pré-carré privatif pour reconnaître objectivement l’importance du développement de son prochain ? Par une entité médiatrice : la nation, le commun. Dès l’enfance, afin de concilier réalisation personnelle et souci du commun, je pense qu’il devrait être enseigné la maxime que voici à chacun :
    « Tu es l’élément singulier d’un tout qui t’a précédé et qui te survivra, en tant qu’élément tu n’oublieras jamais d’où tu viens, en tant qu’être singulier tu devras toujours t’instruire pour accomplir ta nature. »



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 février 2014 22:42

    @ Morpheus :
     
    Je vais vous répondre en bloc.
    Bon, je vous sens exalté par votre récente lecture de Korzybski, on passe toutes et tous par des moments comme ça, ça va passer. smiley
     
    Aristote est un philosophe ayant vécu au IVe siècle avant notre ère. Il s’est intéressé à tout, à fondé l’éthique, la métaphysique, la biologie et la logique. Il s’est montré tellement génial qu’il a creusé derrière lui un trou de près de 20 siècles, que l’on ne s’est escrimé à combler qu’à partir (en gros) de la fin du XVIe siècle. Et à partir de cette date, on a bêtement reproché à Aristote le vide abyssal qui lui a succédé, comme s’il était le gourou d’une secte satanique. Partant de là, de nombreux logiciens (en particulier) et des philosophes analytiques ont pris un malin plaisir à confiner Aristote au rayon poussiéreux "histoire de la pensée" : sa logique devenait éculée (on oubliait qu’il avait quand même fondé cette science), son éthique se trouvait dissoute dans l’utilitarisme de bas étage, quant à sa métaphysique, bah, de vieilles lunes !
    Bref, on n’a plus gardé de lui que ce qu’il dit de l’esclavage naturel dans le livre I des Politiques. En se gardant bien, toutefois, de faire remarquer que dans le livre V de l’Éthique à Nicomaque, son raisonnement, poussé dans ses retranchements, va précisément à l’encontre de l’esclavage naturel. En fait, Nietzsche parlait tout aussi bien des serfs par nature, et on ne le lui a jamais autant reproché. Mais c’est vrai que Nietzsche, lui, n’était pas tendre avec l’Église à une période où il était grand temps d’en finir avec elle également...
     

     

    J’en viens maintenant au pavé que vous m’avez demandé de lire. Le Monsieur (avec lequel j’avais eu l’occasion de discuter chez les rouges) est bien remonté contre l’homo œconomicus, et, si vous suivez mon raisonnement depuis plusieurs mois maintenant, vous devez savoir que j’ai la même aversion.

    Toujours est-il que l’expérience qu’il relève nous démontre en gros qu’une expertise au débotté a plus de chance de parvenir à des résultats corrects qu’une expertise menée chaque jour de la même manière par un... expert, comme endormi par la côté répétitif de sa tâche. Je le crois volontiers, mais cela ne remet absolument pas en cause les bienfaits d’un savoir mis au service d’une cause. Et pour vous montrer combien le commanditaire de cette étude - tout Nobel qu’il soit - n’a pas inventé l’eau chaude, savez-vous qui je vais à nouveau convoquer ? Aristote en personne...

     

    Dans l’Éthique à Nicomaque (que vous finirez par lire...), Aristote nous dit que l’action humaine la mieux aboutie est régie par deux sortes de vertus : les vertus intellectuelles et les vertus morales. L’homme le mieux disposé à bien agir en toute situation est celui qui possède à la fois ces deux sortes de vertus. Il y a donc le cognitif d’un côté (vertus de la connaissance) et le conatif de l’autre (vertus de la volonté de caractère). Un homme disposant d’un savoir étendu mais dépourvu de perspective morale se condamne à mettre son savoir au service du mal en embuscade. Mais un homme à haute valeur morale et dépourvu du moindre savoir n’est guère plus avancé : l’enfer est pavé de bonnes intentions, non abouties par manque de connaissance des moyens d’y parvenir...

    Bref, est en mesure de bien juger celui qui, d’une part possède un peu de ces deux vertus, d’autre part en fait montre de manière équilibrée. Un expert n’appartient pas à cette catégorie, certes, mais le ravi de la crèche non plus !!! Vous pourrez me rétorquer que l’avis d’Aristote compte pour rien face à des analyses en laboratoire sur cobayes humains, sauf que ce que je viens d’exposer parle à tout le monde (ou presque) : il est évident qu’être intelligent ne suffit pas à bien agir, et qu’être disposé à faire le bien non plus. Le bien est le but, la connaissance le moyen, et l’une ne va pas sans l’autre. Autrement dit, lutter contre le préjugé consistant à croire qu’un homme instruit en vaut deux, je suis entièrement d’accord. Mais de là à en déduire que l’instruction ne compte pour rien, c’est un pas dans le vide que je vous laisserais seul franchir, cher Morpheus. smiley



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 février 2014 21:12

    "Une assemblée populaire a plus de vertu et de sagesse que tous les Princes et tous les sages réunis"  : pour ma part, je considère que cette phrase, en l’état, n’a aucune valeur. C’est simplement du populisme. Ça peut être vrai comme ça peut être faux. Un Prince peut tout à fait n’être intéressé que par son intérêt personnel et le peuple peut très bien être uni dans un même but. Inversement, un Prince peut très bien être l’homme de la situation et un peuple n’être qu’un amas d’individus mus par leur intérêt propre.

     

    Lorsque Aristote se montre, pour le coup, favorable à la démocratie (n’en déplaise à Morpheus), il a en tête un groupe de personnes réellement investies et réellement unies dans la perspective du bien commun (pas dans celle de la volonté des majorités), en conformité avec l’esprit de sacrifice au sein de la Cité ("comme les repas collectifs sont meilleurs que ceux qui sont organisés aux frais d’une seule personne" => ce qui implique un investissement, des devoirs...). Cela induit la recherche du meilleur régime, et celle de la vie bonne : la démocratie ne serait donc pas toujours le meilleur régime, et tous les styles de vie ne se vaudraient pas. Peut-on escompter une telle cohésion de nos jours d’un pays socio-libéral comme la France ? J’en doute fort... sauf à retrouver le sens du commun.
     
    Et concernant votre question , je suis résolument confucéen  : je ne peux concevoir que les esprits les plus brillants ne s’intéressent pas à la politique. Et vous finirez par sentir combien la philosophie politique que je brandis n’est pas idéaliste, mais belle et bien attachée à une complémentarité entre philosophie politique et pragmatisme raisonné.




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 février 2014 20:28

    Aristote, Politiques, livre III, chapitre 11.
     
    Machiavel n’a rien inventé, il a lu les Anciens et les a adaptés en fonction des guerres de religion de son temps.

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité


Palmarès

Publicité

https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/