Aucun traité n’est irrécusable par un état souverain. L’UE n’est qu’une structure de coopération entre états. Il n’y a nul besoin d’invoquer les traités de l’UE pour les récuser.
Prend une analogie avec l’OTAN. Y-a-t-il un article 50 pour quitter l’OTAN ? Comment Asselineau veut-il donc quitter l’OTAN ?
Et bien, il récuse le traité, tout simplement. Il s’en retire. Aussi, je me demande pourquoi ce serait possible de récuser le traité de l’OTAN sans se référer au traité de l’OTAN, mais impossible de quitter l’UE sans se référer au traité de l’UE...
Son argument de "l’article 50" et l’usage qu’il en fait est d’une grande mauvaise foi. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la souveraineté d’une nation lui permet de se retirer souverainement d’un traité si elle le juge devenu non conforme à son intérêt...
Maintenant, il faut faire passer la pilule d’un point de vue géopolitique.
Or, tous les pays du monde ont signé la charte des Nations-unies, qui reconnaît aux peuples le droit à l’auto-détermination.
Un référendum sur le sujet est donc l’atout-maître. Il permet de montrer au monde entier que la sortie de l’UE par la France n’est pas le caprice d’un méchant dictateur qui opprime son peuple, mais la volonté du peuple lui-même.
Ainsi, non seulement l’argument d’Asselineau est de mauvaise foi, mais en plus, sa stratégie est géopolitiquement malhabile.
Je suis bien d’accord que le référence d’initiative partagé, c’est pour beaucoup du pipeau.
Mais il reste qu’un référendum, d’initiative présidentielle celui-là, qui résulterait en l’affirmation d’une volonté de sortir de l’UE est un excellent argument géopolitique, ...beaucoup plus audible que l’argument fondé sur un nébuleux article d’un traité que presque personne n’a lu, l’article 50.
Y’a pas à dire, Asselineau reste un technocrate. S’il est sensible aux arguments technocratiques, il peine à comprendre que la technocratie ça ne parle pas aux gens sur la scène internationale.
D’autre part, c’est bizarre de vouloir rompre avec un traité, tout en ayant à coeur de s’y conformer... Aucun traité international n’est irrécusable. Donc il y a de forte chance que l’article 50, à l’image du référendum d’initiative partagée et des autres dispositifs de l’UE, ce soit en fait du pipeau, une manière de faire échouer les velléités de sorties du pays qui le voudrait, le processus de sortie par cet article semblant assez long.
Je ne comprends donc pas pourquoi Asselineau s’est enfermé dans cet argument idiot. Il est trop têtu, il s’enfonce.
Mouais, j’ai aussi entendu Tépa critiquer son manque de préparation et son aplatissement prévisible. On n’a pas dû regarder la même chose.
Après dire s’il est "vainqueur" ou pas, c’est difficile. Ça dépend des points de vues. Allez savoir comment les téléspectateurs l’ont ressenti, surtout ceux peu attentifs.
L’important, pour Caron, c’est qu’Asselineau fût inaudible et c’est réussi : il n’a pu développer aucun argument, Caron lui a sans cesse coupé la parole.
Il faut comprendre comment fonctionne la télévision. Il y a l’image et le son, qui sont mémorisés dans deux parties différentes de l’intellect, la mémoire visuelle et la mémoire auditive. C’est la mémoire auditive qui mémorise les rapport de sens.
L’art de "brûler un effigie sur la place médiatique" consiste à afficher l’image de quelqu’un sur l’écran (mémoire visuelle) avec un habillage sonore dont le sens est "diabolique".
De ce point de vue, Caron a parfaitement réussi. Peu lui importait ce que pouvait raconter Asselineau. Il n’attendait même pas les réponses de sa part... Ce qui lui importait était de faire "sonner" sur son apparence un certain nombre de mots-clés, tels ceux que j’ai cités, afin que le téléspectateur un peu distrait fasse l’association entre le portait d’Asselineau et ces mots.
Et c’est vrai que ce fut une sorte de brouhaha, où on ne distinguait pas grand chose, sauf quelques mots qui on bien sonnés : "Nationaliste",
"Ayoub", "skin", "Pasqua", "De Villier", "Paul-marie Couteau", "Front
national", "Marine Le Pen", "Soral", "Antisémitisme", "Anti-américanisme
primaire"... le tout avec l’effigie d’Asselineau en toile de fond.
Pegase, il ne faudrait pas se livrer aux mêmes genres de raccourcis qu’Aymeric Caron. Ce n’est pas parce que tu discutes avec quelqu’un, ni parce que tu l’as croisé dans la rue, que tu es forcément d’accord avec lui.
Quant à Socarate, manifestement il vient de péter un fusible : un homme à la peau noir qui se dit patriote... Et alors ? Pourquoi un homme à la peau noir ne pourrait-il pas se sentir patriote ? C’est pas du racisme ça ?
Cela permet d’assoir géopolitiquement la décision sur un fait démocratique, qui exprimera alors "le droit d’un peuple à disposer de lui-même", ce que la charte des Nations Unies reconnaît.
Ce n’est pas du pipeau, ce sera géopolitiquement inattaquable, donc habile.
(Un peu comme lorsque la Russie assois le rattachement de la Crimée sur un Référendum).