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1° Je n’ai pas demandé de preuves de l’évolution, j’ai constaté qu’il n’y en avait pas et j’en ai donc déduis que c’est une hypothèse.
2° Je ne suis prisonnier de rien : je peux me prêter à n’importe quelle hypothèse par jeu et voir où cela m’emmène. C’est la méthode axiomatique. Si certains peuvent souscrire à l’évolution sans preuve, alors il doit être permis de souscrire à la genèse sans preuve.
3° En vertu de ceci, je peux donc postuler que la genèse est vraie, par hypothèse, et voir où ça mène.
4° Ca mène à ce que l’alternance jour/nuit précède la construction par Dieu du système solaire, ce qui est tout-à-fait possible d’admettre si on a déjà admis que Dieu a créé le monde ex-nihilo.
Tassot dit bien, dans d’autre conférence, qu’on ne peut pas partir du principe qu’au moment de la création les lois du monde actuel s’appliquent (puisqu’elles sont en cours de création).
Ne vous est-il pas venu à l’idée que ce soit Dieu, au départ qui fut la source de la lumière nécessaire pour faire croître les plantes ?
N’est-il pas écrit : (1.4) "Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres". Si la lumière et les ténèbres sont séparées, cela n’implique-t-il pas que Dieu commence par organiser de lui-même l’alternance entre ces deux états ?
(1.5) Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y
eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
Si l’alternance jour/nuit préexiste à la création du Soleil, il faut en déduire que c’est Dieu lui-même qui est le maître de cette alternance, qu’il la tient à "bouts de bras".
Il peut donc créer les végétaux.
De même, je ne vois aucun inconvénient à une création préalable de la Terre au Soleil, Dieu étant au début Maître à titre personnel des conditions qui règnent à sa surface, ne délégant cette Maîtrise qu’ultérieurement au Soleil.
C’est vrai que je suis pour ma part intéressé par une hypothèse de "métabolisme universel", où le soleil est alimenté par une électricité qui lui est externe, qui vient du centre de la voie lactée et, au-delà, de Dieu lui-même (hypothèse de l’univers électrique avec Dieu mis comme source primordiale).
Là dessus je suis d’accord. Malheureusement la longue
tradition de l’Église montre que celle-ci n’a jamais su ouvrir son
regard et qu’elle est toujours restée dans les ténèbres, du littéralisme
des Écritures ce qui mène à des absurdités (voir mes posts sur la
conférence de Tassot)..
Affirmation péremptoire dénuée de fondement : Cf lectio divina.
Il y a plusieurs niveaux de lecture assumés depuis l’origine.
J’ai l’impression que vous voudriez pour votre part adopter un niveau de lecture exclusivement symbolique, ce qui serait réducteur.
« Il importe, en effet, de remarquer à ce sujet qu’aux autres causes
de difficultés qui se présentent dans l’explication de n’importe quels
auteurs anciens, s’en ajoutent quelques-unes qui sont spéciales à
l’interprétation des Livres Saints. Comme ils sont l’œuvre de
l’Esprit-Saint, les mots y cachent nombre de vérités qui surpassent de
beaucoup la force et la pénétration de la raison humaine, à savoir les
divins mystères et ce qui s’y rattache. Le sens est parfois plus étendu
et plus voilé que ne paraîtraient l’indiquer et la lettre et les règles
de l’herméneutique ; en outre, le sens littéral cache lui-même d’autres
sens qui servent soit à éclairer les dogmes, soit à donner des règles
pour la vie.
Aussi, l’on ne saurait nier que les Livres Saints sont enveloppés
d’une certaine obscurité religieuse, de sorte que nul n’en doit aborder
l’étude sans guide »
Quand j’affirme que Dieu goûte le simple et n’aime pas les détours compliqués, c’est ce que je crois sincèrement. J’y vois une confirmation dans ce passage de Luc.
Luc 11, 33 : Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.
De même, la sincérité étant la simplicité de l’être, la dénonciation de l’hypocrisie par Jésus m’incline encore d’avantage à cette conception. L’hypocrisie n’est-ce pas cacher ses véritables intentions à autrui ?
Le simple, le clair, le concis, le précis, l’évident sont du genre lumière : c’est pour moi un attribut divin.
Le compliqué, le nébuleux, l’amphigourique, le confus, le caché sont du genre ténèbres.
Pour moi, un symbole n’est pas synonyme de complication, ni de nébulosité : il peut correspondre à une information simple, mais adaptée à un certain niveau de notre esprit, niveau situé en-dessous du seuil de la conscience. Un bon symbole dénoue les complexes inconscients et restaure une conscience plus nette. Un mauvais symbole créée des complexes inconscients et altère la conscience.
L’utilisation du symbole permet une forme de magie, en ceci que le symbole passe par une sorte de porte dérobée, pour influencer celui qui le reçoit à son insu. Il y a le symbole qui guérit et il y a le symbole qui rend malade. Dieu manie des symboles pour guérir, et il n’y a donc que les symboles venant de Dieu que j’accepte. Tous les autres seraient pour moi des sources de confusion et de manipulation.
Quaspar :
Pour le point 3. L’homme complet, l’homme parfait est fait de et matière et d’esprit.
Dans la genèse, l’homme est d’abord façonné d’argile, puis animé par insufflation de l’esprit-saint. Il est placé dans le jardin d’Eden, où il se nourrit des fruits de ce jardin. Dans l’apocalypse, la résurrection finale concerne autant le corps de l’homme que celui de son esprit.
L’homme ne fut donc pas imaginé au début par Dieu comme une existence de nature exclusivement spirituelle, mais comme une existence à la fois charnelle et spirituelle. De même, à la fin des temps, il ne semble pas envisagé par Dieu qu’il en soit autrement, puisqu’il y aura aussi résurrection d’un corps pour l’homme.
Les gnostiques vivent la matière comme une prison, ils voudraient être des anges, de purs esprits, mais ce n’est pas possible, car nous sommes tous faits pour une part de matière et ceci ne peut être oublié puisque c’est la vérité : ceci correspond à la volonté de Dieu pour l’homme (sinon, il n’aurait pas fait d’hommes...).
Pour le point 2.
Darwin comprend les degrés de perfection des créatures comme étant un degré de sophistication corporel (corps simple à l’origine, corps sophistiqué à la fin).
Chez Leibniz, les degrés de perfection des créatures sont dans l’étendue de ses habiletés, le degré supérieur chez les créatures étant l’homme, avec sa conscience et son intelligence, le degré inférieur étant l’inertie. Il écrit : l’imperfection originale des créatures se remarque dans l’inertie des corps. Notez : le latin iners, inertis signifie "sans art".
C’est clair que sur ce point Darwin c’est totalement fourvoyé : bon nombre de végétaux sont des machineries bien plus complexes que les hommes, si l’on ne considère que le génome. Un grain de riz aurait plus de gène qu’un homme. Ce fut une des grandes surprises des années 1980, où il était attendu que le décryptage du génome humain montrât une complexité supérieure à tout ce qui pouvait exister, comme l’avait envisagé Darwin, mais où il fut obtenu que ce n’était pas du tout le cas...
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