| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 1 | 4442 | 21 | |
| 1 mois | 0 | 4 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 2 | 0 |
Notez que je n’ai pas regardé le documentaire (j’ai eu l’impression de savoir déjà ce qu’il va dire et je n’en ai donc pas eu l’envie).
Je réagis à vos commentaires.
La notion de Bien et de Mal sont des notions, à mon avis, tout-à-fait scientifiques.
Cependant, elles participent des sciences morales qui se penchent sur les objets du monde idéel, décelables par introspection, mais non des sciences physiques, qui elles se penchent sur les objets du monde réel, décelables par l’observation.
J’ai coutume de dire :
le Bien est ce qui m’attire.
le Mal est ce qui me fait fuir.
Je n’ai jamais trouvé de défaut dans ces définitions.
L’espérance d’un Bien nous verse à un comportement précis :
Une quête pour s’unir à ce Bien : c’est l’amour (universalité).
En revanche, la perspective d’un Mal nous verse à plusieurs comportements :
- Soit une quête pour se désunir de ce Mal : c’est la fuite (diversalité/diversion).
- Soit une quête pour détruire ce Mal : c’est la haine (controversalité/controverse).
- Soit une quête pour changer ce Mal en Bien : (conversalité/conversion)
La conversalité se joue sur deux plans :
- Soit l’homme change sa propre conception du Bien (sui-conversion, conversion en soi, par réforme dans son monde idéel)
- Soit l’homme change l’objet perçu mauvais (iste-conversion , conversion de celui-ci, par réforme dans le monde réel).
L’amour, la fuite et la haine sont des comportements causés par des sentiments personnels pour leur objet.
Ce sont donc des êtres d’un monde idéel, perceptible par l’introspection d’une âme sur elle-même (i.e. la conscience de soi). Par conséquent, les conceptions de Bien et de Mal sont d’abord personnelles. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, dit-on.
Cela dit, n’étant pas des individus isolés, mais des personnes nées dans des familles et envoisinés par des sociétés politiques, nous héritons également chacun de conceptions normatives du Bien et du Mal, qui sont des normes familiales ou sociales.
Chez quelqu’un, une notion de Bien ou de Mal vient donc par ces 3 canaux : d’abord, en premier lieu, les conceptions personnelles, issues des définitions propres à soi. Ensuite, en second lieu, les conceptions normatives, reçues d’une part via héritage familial, d’autre part via les interactions sociales.
Bref, vous voyez bien que les notions de Bien et de Mal sont matières à connaissance, et elles sont donc scientifiques.
Le Bien et le Mal sont des objets d’un monde idéel mais non du monde réel, ils sont propriété d’un esprit, mais non d’un corps, par conséquent la science qui manie ces notions est une science spirituelle ou morale, mais non une science physique ou biologique.
Ceux qui prétendent que le modèle des sciences naturelles peut tout décrire, bien que celles-ci ne savent pas modéliser autre chose qu’un objet inerte et sans âme, qui ne fait que subir des force extérieures, alors que manifestement l’homme n’est pas inerte et a une âme, car il déploie une force intérieure, ceux-là en vérité ont chosifié l’homme.
C’est très moderne que de croire que toute science devrait avoir une même forme, ceci indépendamment de la nature de l’objet qu’elle étudie, et cette croyance est complètement erronée. On ne peut modéliser les animaux selon un modèle de pure inertie.
Il faut une science morale et spirituelle, car les notions de Bien et de Mal sont intuitives en chacun de nous, elles nous prennent aux tripes, elles sont les causes de nos actions, et elles ont donc une conséquence considérable sur le devenir de l’humanité.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai pas regardé le reportage : je suppose qu’il prend l’angle de vue scientiste, c’est-à-dire qui se réfère au paradigme selon lequel l’homme est en définitive une chose inerte.
La déontologie de celui qui écrit un essai est de citer ses références.
Quand il y a dans un essai une grosse partie recopiée sur un autre ouvrage, mais que cet ouvrage n’est pas cité dans les références, cela s’appelle un plagia.
Or Einstein a repris textuellement Poincaré mais ne le cite pas.
Donc Einstein est un plagiaire.
Einstein pouvait-il ignorer ce qu’avait écrit Poincaré ? Non.
La revue dans laquelle il écrivait, sous la direction de Planck (die Analen der Physik), une des revues les plus prestigieuse de l’époque dans ce domaine, faisait régulièrement un recensement des divers écrits en physique et résumait leur contenu pour les lecteurs. Les mémoires envoyés à l’Académie des sciences de Paris, tel que l’écrit de Poincaré le fut, faisaient partie de ces recensions habituelles de la revue.
Par extraordinaire, alors que dans l’année il y eu à la fois des mémoires envoyés à l’Académie des sciences et aussi divers écrits de Poincaré qui furent recensés par cette revue, la note fondatrice de Poincaré à l’académie et ses articles ultérieurs au sujet de la relativité (c’est d’ailleurs Poincaré qui inventa ce mot) ne furent jamais recensés !
A la place de la recension de cette note fondatrice de Poincaré, on trouve un écrit sur la relativité : Cet écrit ne cite aucune référence à aucun auteur, ce qui est très inhabituel en physique, d’autant plus pour une revue aussi prestigieuse.
Or cet écrit se montre vraiment très semblable à celui de Poincaré... l’auteur est un jeune "génie" âgé d’une vingtaine d’année, nommé Einstein.
Einstein était certainement en lien avec Planck via Munich car l’oncle d’Einstein avait une société d’électrification à Munich - il aurait électrifié la fête de la bière, où vivait la famille de Planck : J’imagine bien Planck faire connaissance de l’entreprise Einstein&Cie pendant la fête de la Bière, à s’extasier sur le progrès et la fée électricité.
Mais il faut aussi comprendre qu’à l’époque la tension entre la France et l’Allemagne était très forte : nous sommes à 9 ans de la 1ère guerre mondiale. Une théorie qui révolutionne toute la physique, ce n’est pas si courant : un précédent fut Newton dont le prestige fut immense, prestige dont se servit admirablement bien l’Angleterre sur le plan politique. Cela dit Newton a aussi beaucoup plagié.
On peut donc dire que cette affaire est une sorte de première escarmouche Franco-Allemande, prélude à la guerre, sur fond de compétition impérialiste (1905, c’est aussi la crise de Tanger http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_Tanger).
Mais cela n’excuse pas tout. La science doit fonctionner selon une certaine déontologie. Il convient de citer ses sources, sinon personne ne communiquerait jamais rien à personne, de peur de se faire voler son travail.
Dans le cas de la relativité, le plagia est évident et le manquement à la déontologie est flagrant.
Il y eut aussi en France l’utopie industrielle des Saints-Simoniens (tout par l’industrie, tout pour l’industrie) qui a précipité une large part de la population dans le salariat. Cette organisation sociale du travail fut un choix politique du XIXème siècle. Elle est d’ailleurs un choix de gauche (Saint-Simon étant politiquement à gauche, le socialisme utopique étant issu de certains de ses disciples). De fait, l’URSS a vécu aussi dans l’utopie industrielle et le salariat y fut généralisé plus que partout ailleurs semble-t-il.
L’image de l’élitisme, c’est la lavement des Pieds.
Telle est la vraie élite : elle n’est pas lointaine et inaccessible, elle est proche et accessible.
Le diable n’imite pas Dieu, il nous en donne de fausses conceptions dont il revêt les habits pour s’y substituer.
Les bouddhistes n’ont jamais voulu fonder une science physique parce que cela ne mène nulle part, la véritable finalité de l’homme étant spirituelle.
Il me semblait que la finalité bouddhiste était de se dissoudre dans le néant. Rien d’aussi nihiliste dans le christianisme. Si l’esprit de l’homme possède une intelligence, c’est qu’il y a bien une raison, non ? A quoi bon donner une intelligence à l’homme si c’est pour qu’il n’en use pas ?
Votre réflexion montre d’ailleurs que dans le monde
judéo-chrétien, le ver était dans le fruit, puisque l’on trouve bien de
faire des sciences, c’est-à-dire bien la concupiscence du savoir
technique, dont le but est l’amélioration du confort..
La science physique ne nuit pas aux bonnes oeuvres, au contraire.
Si soigner le corps d’autrui est une bonne oeuvre, alors la science médicale n’est pas inutile...
La science physique n’est qu’un moyen de parvenir à des fins. Il se trouve que l’homme a l’intelligence du réel physique. L’illusion du réel des bouddhistes est donc démontrée fausse par ce biais. Le christianisme a donc précisé que si une telle illusion peut exister, elle est plus généralement au plan moral, c’est-à-dire dans le choix des finalités que l’homme va poursuivre (confusion du Bien et du Mal).
Il ne faudrait pas non plus totalement mépriser le corps. Le corps est beau, son architecture est sublime. Il est le véhicule de l’âme. Avilir le corps fait avilir l’âme (un poison fait mourir). Le christianisme dit qu’à la résurrection de la fin des temps les hommes auront un nouveau corps qui sera magnifié (avec plus de possibilités).
C’est le travers des bouddhistes et des gnostiques, pour eux, leur corps n’est pas un véhicule, mais une prison dont ils voudraient s’échapper. Autrement dit, leur finalité n’est pas de ressusciter à la fin des temps avec ce corps magnifié qui a été promis.
Mais vous savez très bien que les modèles Bouddhistes et Chrétiens sont très différents. En Christianisme, Dieu est trinité de personne externe au monde, alors qu’en Bouddhisme tout le monde est en Dieu (panenthéisme). La pluralité des personnes n’existe pas en Bouddhisme, le but étant de dissoudre sa personnalité dans le grand tout, la "conscience universelle". En christianisme, la personnalité est le caractère propre de l’âme et Dieu a créé à dessein une multitude d’âmes, l’idée de vision béatifique de Dieu montrant bien que l’âme sauvée subsiste extérieurement à Dieu puisqu’elle peut le voir.
Bref, dès les principes, Dieu impersonnel qui contient tout ou Dieu personnel externe à tout, Bouddhisme et Christianisme divergent, ce qui les fait diverger à peu près sur tout par la suite : par exemple, sur le plan spirituel, le Bouddhisme propose d’abolir sa propre personnalité, quand le Christianisme propose de la cultiver.
Je ne vois pas dans ces conditions comment un détour par le Bouddhisme permettrait de mieux comprendre le Christianisme, puisqu’ils sont contradictoires à la base.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération



