Maintenant, de moi à vous, ça m’ennuie de vous rappeler une évidence : bien sûr que la pensée sert à découvrir l’inconnu, c’est même une de ses fonctions essentielles. Vous ne savez pas, c’est inconnu, vous savez c’est connu. C’est écrit dans les dictionnaires. Qu’est-ce qui ne va pas ? Et aussi bien sur un plan individuel que collectif, c’est pareil.
Vous savez, ça vous est connu, sinon, ça vous est inconnu. Et avant sa (re)découverte, c’était inconnu pour l’humanité, maintenant, ça l’est. Et pour vous, c’est votre pensée qui vous fera agir pour savoir, d’une manière ou d’une autre, pour passer de l’inconnu au connu avec cette image.
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Alors il y a inconnu et inconnu. Ah, peut-être, mais il faut définir cet autre inconnu. Oui, mais cet autre inconnu est difficile à définir : c’est possible. On ne peut pas bien définir la conscience, ça ne veut pas dire qu’on n’en a pas, il y a des évidences difficiles à traduire. Mais le renversement qui consiste à dire : comme cet inconnu là est difficile à traduire, alors la pensée ne peut pas découvrir l’inconnu en général : moi je ne joue pas à ça. Au moins je sais ne pas devenir idiot, c’est l’inverse que je veux faire. Si vous voulez défendre ce genre de confusion mentale parce que Jean Keim qui a vécu comme vous un éveil le dit, c’est vous qui voyez.
Ok, admettons que ce soit une platitude. Mais pourquoi cette platitude provoque de si vives réactions polémiques, comme si des enjeux personnels étaient en cause ?
Peut-être que Jean Keim a connu une expérience de l’éveil, et que les autres soient gênés par un sentiment de jalousie pour en discuter avec lui.
Pourquoi pas.
Mais il n’y a pas que ça.
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Il s’y prend comme un pied pour expliquer. Raison pour laquelle j’ai décroché (ou raccroché le téléphone). Et je constate en tout cas que s’il a réellement vécu ce genre d’expérience, cela ne lui a pas rendu ni très intelligent, ni ouvert d’esprit, ni cultivé, ni sociable. Je ne le vois pas prendre la voie d’un Srinivasa Ramanujan. D’ailleurs, il a dit que Ramanujan s’est contenté d’améliorer des savoirs acquis, mais qu’il n’a pas exprimé une rencontre avec l’inconnu. Parce que son histoire d’inconnu inaccessible à la pensée, c’est son idée fixe. Et vous, vous avez dit l’inverse sur Ramanujan.
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Vous avez d’ailleurs inventorié avec Gollum et Yoananda des exemples de découvertes impromptues, que des scientifiques ont faites sans les chercher. Et ça n’a rien d’un scoop, on le sait depuis Archimède dans sa baignoire. S’il a crié Eureka, c’est qu’il a su traiter par la pensée ce qui lui est advenu pendant un moment d’absence de pensée, grâce à ses connaissances préalables. De même que je n’aurais jamais rêvé de la structure de benzène comme Kekulé car ce n’est pas mon domaine de connaissances ni mon univers d’existence. Ou au mieux, j’aurais vu truc bizarroïde dont ma pensée n’aurait rien pu faire car je n’ai pas les connaissances pour récupérer ça.
Mais Jean Keim ne peut pas discuter de tout ça, nuancer, replacer ses explications, contextualiser. Toute sa capacité à penser est complètement polarisée par son expérience qu’il dit avoir vécu. Il est comme un gosse qui, pour présenter son jouet à ses camarades sur une table, a besoin de faire tomber tous les leurs qui y sont déjà. Même involontairement, il ne sait pas faire autrement. Ça, c’est énervant. Si vous étiez son père, je ne pense pas que vous expliqueriez à ses camarades qu’il a raison et qu’il faut le comprendre.
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On dit que pour vivre l’expérience du Kundalini, il faut être psychiquement solide, car c’est très intense. Sinon, ça détruit. Peut-être qu’il a été abimé par son expérience de non pensée, s’il en a vécu une. Sa psychorigidité, sa monomanie, son dédain transformé en rejet des savoirs et des connaissances, même de la pensée, en sont des indices.
Vous avez peut-être vécu une expérience commune, mais ça ne veut pas dire qu’il vous ressemble.
Ouais. Vous
le connaissez parfaitement le mot soumission, c’est le cas de le dire. Vous défendez les
agents propagandistes, tous les imams, d’un multicriminel de jadis, qui a
organisé 100 expéditions meurtrières, dont le coran et hadits expliquent tranquillement qu’elles ont servi, - et uniquement à ça pour un grand nombre d’entre elles -, à
récupérer des chameaux, des marchandises et autres butins, capturer des femmes
pour les violer librement et des hommes pour en faire des esclaves. Quel
programme civilisationnel…
Ce n’est pas
moi qui vais défendre Pujadas et encore moins l’OTAN. Mais votre véhémence
ressemble à celle d’un Pablo Escobar qui dénoncerait un trafic de cocaïne.
Je vous
laisse méditer profondément les œuvres sacrées du Bandit Vénéré :
J’aime bien l’onirisme en peinture de toute façon d’où mon goût prononcé pour Paul Delvaux, Dali
La encore, question onirisme, Magritte c’est tout sec, il n’y a rien, à côté de Delvaux qui a su trouver des couleurs et des tons nous faisant hésiter entre des souvenirs de rêves ou réminiscences de moments vécus oubliés. Et les femmes, chez Delvaux sont superbes.
Il s’est passé quelque chose de très puissant
culturellement dans les 30 premières décennies du XXe siècle. Depuis, rien de
nouveau ou presque, on se contente d’exploiter les inspirations de cette
période.
C’est vrai.
Il y eu
toute une lancée avec les providences de la Révolution industrielle avec lesquelles un Jules Vernes ou Georges Méliès
ont su traduire l’enthousiasme, et les peintres, une douceur de
vivre acquise. Il y a eu toute cette pluie métallique, nouvelle, pendant la 1ère
G.M. Le courant autoritaire des années 30 a porté le deuxième coup de bélier.
Puis la 2ème G.M. a jeté une lumière crue sur les artistes, en tout cas France avec
la collaboration et leur fonction d’éveilleurs de conscience.
Duchamp
avait aussi marqué la césure avec son urinoir renversé, iI avait dit lui-même
que l’art (en tout cas la peinture et la sculpture) touchait à sa fin, puisque
la Révolution industrielle produisant constamment dans la vie moderne des nouveaux objets, des
nouvelles formes et des nouveaux matériaux.
Bien sûr, "l’artiste" va dire qu’elle
"dénonce" quelque chose. "J’expose de l’immonde, mais c’est pour
dénoncer l’immonde". On connaît la chanson grinçante.
Et puis
celle qui ça peint ça peut sortir "Sature mangeant son fils", de Goya, en guise talisman. Pour briller, maintenant, il faut être le
plus malfaisant possible. C’est de ces gens là dont le système a besoin et qu’il
protège. Avec les applaudissements de celui qui devrait exercer la fonction de conservateur
du musée.